Du bout du doigt, Éléonore Kissel balaye un cheveu malencontreusement déposé sur la table grise, désormais immaculée, destinée à l'inspection des œuvres d'art. Alors, seulement, la sérénité regagne le visage de la responsable du pôle conservation-restauration du musée du quai Branly – Jacques Chirac.
C'est ici, dans un atelier lumineux, aseptisé et à l'abri des regards, au deuxième étage du bâtiment parisien, que sont restaurés chaque jour quelques-uns des 370.000 objets qui constituent la collection du musée.
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter quotidienne de Slate.fr et ne ratez plus aucun article!
Je m'abonne
«En moyenne, 3.500 objets sont exposés sur le parcours permanent, de manière rotative, et environ 1.000 sont prêtés à l'extérieur chaque année», énumère Éléonore Kissel. Ce qui représente moins de 1% d'une gigantesque collection dont les œuvres, désormais réclamées à travers le monde entier, proviennent des cinq continents.
Au centre de la pièce, un tableau majestueux et coloré tranche avec le blanc monotone des murs et des blouses. La peinture vient de loin. Datée du XVIIe siècle, elle est découverte en 1932 sur les murs d'une petite église éthiopienne par la mission Dakar-Djib...
[Courte citation de 8% de l'article original]