Tué en Ukraine, le journaliste de l'AFP Arman Soldin décoré chevalier de la Légion d'honneur

LCI - 14/07
[VIDÉO] - Arman Soldin, le journaliste français tué en mai en Ukraine, a été décoré chevalier de la Légion d'honneur ce vendredi 14 juillet. Le coordinateur vidéo de l'AFP a été tué lors d'une attaque de roquettes Grad russes dans l'Est du pays. Il avait 32 ans.

Arman Soldin, le journaliste français tué en mai en Ukraine, a été décoré chevalier de la Légion d'honneur ce vendredi 14 juillet.
Le coordinateur vidéo de l'AFP a été tué lors d'une attaque de roquettes Grad russes dans l'Est du pays.
Il avait 32 ans.

Le coordinateur vidéo de l'Agence France-Presse Arman Soldin, tué dans l'exercice de ses fonctions en Ukraine le 9 mai, a été décoré chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, selon le Journal officiel de ce vendredi. "Au grade de chevalier" et "avec effet du 28 juin 2023", Arman Soldin a été décoré par "décret du président de la République en date du 13 juillet 2023", est-il écrit dans le journal officiel publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

Arman Soldin a été tué lors d'une attaque de roquettes Grad russes dans l'Est de l'Ukraine, près de la ville assiégée de Bakhmout. Il avait 32 ans. Il faisait partie d'une équipe de cinq reporters de l'AFP qui accompagnaient des soldats ukrainiens sur le front le plus actif, près du village de Tchassiv Iar.

"Nous sommes émus et touchés par cette distinction pour Arman", a déclaré le directeur de l'information de l'AFP Phil Chetwynd. Cette décoration posthume "honore son superbe journalisme et aide à garder sa mémoire vivante", a-t-il ajouté.

Une vague de sympathie avait afflué dès le lendemain de sa mort, accompagnée de messages de condoléances. De la part d'institutions, de personnalités politiques françaises telles que le président Emmanuel Macron, ou étrangères, du monde des médias… Jusqu'à sa décoration vendredi, le jour de la fête nationale, à la plus haute distinction dans le code français.

Enfant de la guerre

Expérimenté, en poste à Londres avant de partir pour l'Ukraine, Arman y était le coordinateur vidéo depuis septembre 2022 et se rendait régulièrement sur le front d'une invasion déclenchée par la Russie en février de cette année et qui fait toujours des ravages aujourd'hui.

Enfant de la guerre, de la Bosnie à l'Est ukrainien, Arman Soldin avait fui Sarajevo pour la France dans les bras de sa mère. Il avait à peine un an. "J'aurais aimé que je sois moins fière de toi, et toi plus vivant. J'aurais aimé continuer de t'aimer, à mes côtés", a déclaré celle-ci lors de ses funérailles. 

Chaque jour, son collègue Emmanuel Peuchot, rompu aux terrains hostiles, a pu constater la "franchise" de son cadet. Car fondamentalement, Arman était quelqu'un qui "aimait les gens, il était tourné vers l'autre". Arman Soldin est parti "la caméra à la main" avec un "beau visage" ne trahissant aucune souffrance. Dimitar Dilkoff, photographe de l'AFP, a vécu l'instant d'avant avec lui : "Il était comme toujours, il plaisantait". 

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Le 10 mai, le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête pour crime de guerre, confiée à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine et destinée à établir les circonstances du drame.

M.B AFP

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