VIDÉO - Sécheresse : ces villes qui font désormais payer l'eau plus cher en été

LCI - 10/07
[VIDÉO] - Face à la sécheresse qui touche une partie du territoire en ce début d'été 2023, certaines communes ont décidé d'augmenter le prix de l'eau durant la saison. Le but : inciter les citoyens à faire des économies. Une mesure mise en place dans plusieurs communes des Alpes-Maritimes et du Finistère, où s'est rendue une équipe de TF1.

Face à la sécheresse qui touche une partie du territoire en ce début d'été 2023, certaines communes ont décidé d'augmenter le prix de l'eau durant la saison.
Le but : inciter les citoyens à faire des économies.
Une mesure mise en place dans plusieurs communes des Alpes-Maritimes et du Finistère, où s'est rendue une équipe de TF1.

"On ne remplit pas trop la casserole". Dans le Finistère, pour les habitants du pays Fouestnantais, la tendance est aux économies d'eau. Alors que le souvenir de la sévère sécheresse de 2022 est encore dans toutes les mémoires et que plusieurs territoires sont déjà touchés par le manque d'eau en ce début d'été 2023, certaines villes de la communauté de communes ont décidé d'appliquer un tarif été et un tarif hiver, le premier étant plus cher que le second. 

Les habitants de plusieurs communes ont ainsi reçu un courrier leur annonçant que l'eau "va fortement augmenter jusqu'à 27 ou 30%", détaille Eric dans le reportage en tête de cet article. Depuis, lui et sa femme ont adopté de nouvelles habitudes pour limiter leur consommation d'eau. "On ne se rendait pas compte avant, on avait toujours tendance à être un peu large, on se disait qu'on avait envie de notre confort. Mais maintenant, on se rend de plus en plus compte que le confort finit par coûter cher", explique-t-il.

+50% d'ici 5 ans

Cette tarification été/hiver a justement été mise en place pour inciter les citoyens du pays Fouestnantais à limiter leur consommation. Car dans certaines zones de cette région, située dans le sud du Finistère, la population peut tripler en été, passant de 30.000 à 1000.000 habitants. Une hausse du nombre de résidents qui intervient alors que l'eau est plus rare et plus difficile à traiter. 

Si pour l'année 2023, toutes les communes n'ont pas encore mis en place la mesure, elle devrait se généraliser progressivement. Ainsi, dès cet été, les communes de Clohars-Fouestnant, Gouesnach, Pleuven et Saint-Evarzec verront le tarif fixé à 0,86 euro en été, contre 0,43 euro en hiver. La différence est bien plus grande dans les communes de Fouesnant et la Forêt Fouesnant, où le prix passe de 0,90 euro en été à 0,45 euro en hiver et Bénodet (0,43 euro contre 0,22), détaille dans Ouest-France, Jean-Pierre Marc, membre du conseil communautaire de la CCPF. 

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Si la hausse n'est aujourd'hui, en moyenne, que de 30% pour la majorité des communes en été par rapport à l'hiver, la CCPF veut atteindre les 50% d'augmentation durant la saison chaude d'ici cinq ans, pour atteindre environ trois euros le mètre cube durant l'été.

Une ressource en eau en baisse constante

Une initiative qui pourrait se répandre en France. Pour cet été 2023, la ville de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, a aussi décidé de mettre en place cette "tarification différenciée" pour faire baisser la consommation d'eau potable. Pour un couple avec deux enfants, il faudra désormais payer un euro le mètre cube de juin à septembre, contre 60 centimes d'octobre à mai. Le tarif était auparavant de 90 centimes toute l'année. Pour les gros consommateurs, la facture passera de 1,40 à 1,70 euro l'été, et ne baissera que de 10 centimes durant l'hiver. Une mesure déjà mise en place sur la commune de Mouans-Sartoux et depuis 2022 par la Régie des eaux du canal Belletrud, qui approvisionne les localités de Cabris, Le Tignet, Peymeinade, Spéracèdes, Saint-Cézaire-sur-Siagne et Saint-Vallier-de-Thiey, pointe Nice-Matin. 

Un territoire particulièrement touché par la sécheresse, alors que la situation fait déjà craindre des pénuries au cœur de l'été, à l'image de celle vécue l'an passé. Un phénomène qui est appelé à être de plus en plus fréquent dans les années à venir en raison du changement climatique dû aux activités humaines. Selon les chiffres du Giec, durant la période 2002/2018, les ressources en eau renouvelable en France ont baissé de 14% par rapport à la décennie précédente. Elles devraient encore baisser de 10 à 40% d'ici à une trentaine d'années. D'où la nécessité de mettre en place, dès à présent, de nouvelles habitudes pour restreindre la consommation d'eau en France. 

A.B. | Reportage TF1 Chloé Ebrel, Médéric Pirckher

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