Marche pour Adama Traoré : au moins 2000 personnes rassemblées à Paris malgré l'interdiction

LCI - 08/07
[VIDÉO] - Un rassemblement à la mémoire d'Adama Traoré s'est déroulé sans accroc samedi après-midi. Il avait été lancé à l'appel de la sœur du jeune homme, décédé en 2016 peu après avoir été arrêté par des policiers. La manifestation avait été interdite, tout comme un premier appel à se rassembler lancé dans le Val-d'Oise. Dans plusieurs autres villes, des centaines de personnes ont défilé pour protester contre les violences policières.

Un rassemblement à la mémoire d'Adama Traoré s'est déroulé sans accroc samedi après-midi.
Il avait été lancé à l'appel de la sœur du jeune homme, décédé en 2016 peu après avoir été arrêté par des policiers.
La manifestation avait été interdite, tout comme un premier appel à se rassembler lancé dans le Val-d'Oise.
Dans plusieurs autres villes, des centaines de personnes ont défilé pour protester contre les violences policières.

Malgré l'interdiction de la préfecture de police, la manifestation a bien eu lieu. Au moins 2000 personnes se sont rassemblées à Paris dans le calme samedi après-midi, en mémoire d'Adama Traoré, sept ans après sa mort. En parallèle, des "marches citoyennes" contre les violences policières ont été organisées dans plusieurs autres villes de France, suite notamment au décès de Nahel, un adolescent de 17 ans tué le 27 juin dernier par un policier à Nanterre, lors d'un contrôle routier.

Assa Traoré, sœur d'Adama et figure du combat contre les violences policières, avait annoncé qu'elle serait présente "à 15h place de la République", après l'interdiction de la marche annuelle prévue à Persan et Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) en mémoire de son frère décédé peu après son arrestation par des gendarmes en juillet 2016. Elle a pris la parole debout sur un banc de la place, devant plusieurs élus de gauche et entourée d'un important dispositif des forces de l'ordre. "On marche pour la jeunesse, pour dénoncer les violences policières. On veut cacher nos morts", a-t-elle déclaré, devant notamment la cheffe de file des insoumis à l'Assemblée nationale Mathilde Panot, les députés de son groupe Eric Coquerel et Louis Boyard, portant leur écharpe tricolore, tout comme l'écologiste Sandrine Rousseau.

"Aucun incident à déplorer"

Malgré les demandes de dispersion et quelques verbalisations constatées par l'AFP, les manifestants, scandant notamment "Justice pour Nahel", sont ensuite partis en cortège, dans le calme, avant qu'Assa Traoré ne leur demande de se disperser "sans violence". La majorité d'entre eux étaient partis vers 16h30. "Alors que tout s'était bien passé", Youssouf, l'un des frères d'Assa Traoré a toutefois été arrêté par la police, a affirmé sur Twitter Eric Coquerel. 

La préfecture de police a signalé de son côté dans un communiqué "deux interpellations" pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique", sans détailler ces violences. Elle a assuré également que "des contrôles suivis de verbalisation ont été effectués", mais qu'"aucun incident n'est à déplorer". "Une procédure judiciaire est engagée" contre Assa Traoré pour avoir organisé une "manifestation non déclarée", a-t-elle ajouté. La préfecture de police avait en effet interdit ce rassemblement "présentant des risques de troubles à l'ordre public" selon elle, en rappelant le "contexte tendu" et les "cinq nuits consécutives" de violences urbaines après le décès de Nahel. 

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En parallèle, une trentaine de manifestations étaient organisées dans le pays : les participants étaient notamment 640 à Nantes, 400 à Strasbourg, 200 à Bordeaux, une centaine à Dijon, 450 à Vénissieux (à côté de Lyon). À Lille, la manifestation a été interdite par la préfecture. À Marseille, 750 personnes se sont rassemblées selon la préfecture, dont le député insoumis de Marseille Manuel Bompard. Du côté d'Angoulême, ils étaient près de 300 pour réclamer "justice" pour Alhoussein Camara, Guinéen de 19 ans touché mortellement par un tir de policier lors d'un contrôle routier mi-juin.

Près d'une centaine d'associations, syndicats et partis politiques classés à gauche, parmi lesquels LFI, EELV, CGT et Solidaires, ont appelé à ces "marches citoyennes", pour exprimer "deuil et colère", dénoncer des politiques jugées "discriminatoires" contre les quartiers populaires et demander "une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d'intervention et de son armement".

M.L (avec AFP)

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