"Personne ne peut le contester, il y a eu une accalmie ces derniers jours. Maintenant, nous sommes tous conscients, compte tenu des nouveaux appels à manifester ce week-end, que celle-ci pourrait être de courte durée", glisse une source policière à TF1info, ce vendredi 7 juillet. Depuis quelques jours en effet, après que les violences urbaines ont quasiment disparu des rues françaises suite à la mort de Nahel, des appels plus ou moins officiels à manifester ce samedi dans différentes villes pullulent sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées.
Leur but, notamment : dénoncer les violences policières suite à la mort du jeune garçon de 17 ans, tué par un tir de policier. "On a du mal à imaginer que les manifestants seront calmes quand on prend en considération les cinq jours d'émeutes que l'on a connus et quand on voit ce pourquoi ils veulent descendre dans la rue. Les slogans, comme les gestes dans ce genre de manifestation, tout le monde les connaît", affirme cette source.
L'appel le plus important pour des rassemblements et marches citoyennes sur l'ensemble du territoire se fait sous le slogan : "Notre pays est en deuil et en colère | Rassemblement et manifestation le 8 juillet". Il a été lancé par plusieurs partis, syndicats et associations. Objectif : "rendre justice à Nahel, dénoncer les violences policières et revendiquer d'autres politiques".
Parmi les signataires : la CGT, CNT-Solidarité Ouvrière, Fédération Syndicale Étudiante (FSE), FSU, ATTAC France, Bagagérue, Conscience, Coudes à Coudes, DAL Droit au Logement, l'Observatoire nationale de l’extrême droite, Les Soulèvements de la Terre, le Comité Vérité et Justice pour Adama, mais aussi plusieurs partis politiques, dont Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire, Europe Écologie-Les Verts (EELV), ou encore La France insoumise (LFI).
Plusieurs points de ralliement ont d'ores et déjà été annoncés pour cet événement. "Dans plusieurs villes, les manifestants ont fixé comme point de rendez-vous devant les préfectures, un bâtiment représentatif de l'État dont de nombreux ont été dégradés ces derniers jours", rappelle la source policière.
Des interdictions pourraient donc intervenir dans les prochaines heures, que les rassemblements soient d'ampleur ou non. Ainsi, les préfets pourraient publier des arrêtés incessamment s'ils estiment qu'il y a des risques.
Jeudi déjà, la préfecture du Val-d'Oise a annoncé l'interdiction de la marche prévue samedi pour les sept ans de la mort d'Adama Traoré. "À la suite de la procédure contradictoire engagée avec le comité 'Vérité pour Adama', #préfet95 interdit la manifestation et les rassemblements prévus le samedi 8 juillet 2023 à Persan et à Beaumont-sur-Oise", ont tweeté les services de l'État.
Le 19 juillet 2016, ce jeune homme de 24 ans était décédé dans la cour de la caserne de Persan, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, peu après son arrestation par des gendarmes au terme d'une course-poursuite. Dans le cadre de sa mobilisation, le collectif "Vérité pour Adama" rassemble chaque année des centaines de personnes à l'occasion d'une marche à Persan et Beaumont-sur-Oise pour réclamer la mise en examen des gendarmes mis en cause, et dénoncer plus largement les violences policières.
Sur Twitter ce vendredi, Me Arié Alimi a annoncé sur Twitter qu'"à la suite de l'interdiction politique de la marche Adama, événement familial et de recueillement qui a lieu chaque année depuis 7 ans, nous avons déposé un recours en référé liberté" pour contester cette interdiction devant la justice administrative.
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