Mort de Nahel : les forces de l'ordre se préparent à une troisième nuit de tensions

LCI - 29/06
[VIDÉO] - De nouvelles violences urbaines ont éclaté dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juin, deux jours après la mort de Nahel, tué par un tir de police. Face au risque d'embrasement pour la troisième nuit d'affilée, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé multiplier par quatre le nombre de policiers et gendarmes mobilisés sur le terrain. Malgré ces renforts, l'inquiétude demeure parmi les forces de l'ordre.

De nouvelles violences urbaines ont éclaté dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juin, deux jours après la mort de Nahel, tué par un tir de police.
Face au risque d'embrasement pour la troisième nuit d'affilée, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé multiplier par quatre le nombre de policiers et gendarmes mobilisés sur le terrain.
Malgré ces renforts, l'inquiétude demeure parmi les forces de l'ordre.

"Ça va s'arrêter !" Après deux nuits de violences urbaines qui ont éclaté dans les quartiers populaires, en réaction à la mort de Nahel, 17 ans, tué lors d'un contrôle de police à Nanterre, mardi 27 juin, l'exécutif déploie les grands moyens. "Nous avons à nouveau mobilisé extrêmement fortement le ministère de l'Intérieur pour que la réponse de l'État soit ferme", a assuré Gérald Darmanin, qui a dit vouloir "rétablir l'ordre républicain", lors d'un déplacement à Mons-en-Barœul, dans le Nord, où la mairie et le poste de police municipale ont été incendiés, dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juin. 

"Attaquer les écoles, incendier un centre social, incendier une mairie n'a rien à voir avec ces histoires de Nanterre", a dénoncé "le premier flic de France". Un total de 40.000 policiers et gendarmes, dont 5000 à Paris et en proche banlieue, seront ainsi mobilisés, jeudi 29 juin, pour faire face à d'éventuels débordements. C'est "quatre fois plus" que les effectifs déployés la nuit dernière où "9000" forces de l'ordre étaient engagées, dont 2000 sur la "plaque parisienne", a-t-il annoncé.

"Si c'est comme hier, ça va être très compliqué"

Comme l'avance une source policière auprès de l'AFP, cette mobilisation exceptionnelle des forces de l'ordre pour la nuit prochaine s'inscrit dans un "changement de doctrine", "plus offensive", en réponse aux auteurs des violences urbaines, "injustifiables" pour Emmanuel Macron. Des renforts bienvenus, mais insuffisants. "Si c'est comme hier (mercredi, ndlr), ça va être très compliqué", a reconnu sur LCI Reda Belhaj, porte-parole Unité SGP Police Île-de-France, en dépit du doublement annoncé des effectifs à Paris et en petite couronne. "J'ai eu des messages de collègues et ils m'ont dit que c'était ingérable."

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Dans la nuit suivant la mort de Nahel, 31 individus avaient été interpellés sur l'ensemble du territoire. Ils étaient 150, soit cinq fois plus, la nuit dernière. Montées d'un cran, les tensions pourraient ne pas redescendre de sitôt. De quoi susciter l'inquiétude au sein des forces de l'ordre, soucieuses de manquer de munitions si de nouvelles violences venaient à se répéter.

"Les commissariats ont un stock de munitions, mais certaines unités ont dû vider leur stock" la nuit passée, a expliqué sur LCI Sébastien Watiotienne, délégué national Unité SGP Police. "Pour la première fois, depuis une dizaine d'années", une réserve de munitions, type lanceurs balle de défense (LBD), a notamment été "vidée" pour "ravitailler plusieurs fois les unités sur le terrain", a confirmé Matthieu Valet, porte-parole du Syndicat indépendant des commissaires de police. "Nous avons du stock", a toutefois assuré Sébastien Watiotienne, confiant sur le fait que les commissariats "vont demander un réapprovisionnement". 

Y.R.

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