Le conseil des prud'hommes a débouté l'ASM Clermont Auvergne de sa demande de suspendre le contrat de travail du joueur Mohamed Haouas, condamné pour avoir frappé sa femme avant qu'il ne rejoigne cet été l'effectif du club de Top 14. Le conseil était saisi en référé pour suspendre le contrat de travail du pilier du XV de France, avant une audience sur le fond en septembre.
Bien que jugée "recevable", la demande du club est tenue pour "infondée". Le conseil rejette par ailleurs la demande formulée par Mohamed Haouas "au titre de la rupture anticipée du contrat de travail par voie de presse en date du 30 mai 2023". Après la condamnation du joueur, l'ASM avait annoncé dans un communiqué que celui-ci ne pourrait "pas porter, sur le terrain, les couleurs" du club, sans toutefois évoquer à l'époque de "rupture anticipée".
Ce n'est pas le profil que nous avons embauché
Patrick Puso, avocat de l'ASM
Ainsi le conseil déboute l'international français, privé de la Coupe du monde 2023 après sa condamnation, de sa demande de versement de 390.000 euros au titre de la provision à valoir sur cette rupture anticipée, ainsi que celle de 50.000 euros au titre du préjudice moral. L'ASM est condamnée à lui verser 800 euros pour ses frais de justice et devra prendre en charge les frais de procédure.
"Nous attendons les motifs de cette décision pour la commenter", a réagi l'ASM, qui dispose de 15 jours pour faire appel. "Mohamed Haouas est soulagé de savoir qu'il reste employé par un club l'année prochaine" et il "attend maintenant de savoir si l'ASM le conserve, le licencie ou propose une transaction", a réagi l'un des avocats du joueur, Arnaud Dubois. À l'audience la semaine dernière, l'avocat du club, Patrick Puso, avait estimé que l'ASM avait été "trompée" par le joueur et le club de Montpellier : "Ce n'est pas le profil que nous avons embauché", avait-il affirmé.
Le pilier aux 16 sélections en équipe de France, jugé en comparution immédiate, avait été condamné à un an de prison ferme le 30 mai dernier par le tribunal correctionnel de Montpellier, pour avoir frappé sa femme devant le centre commercial où elle travaille. Les conditions de sa peine, aménageable, ont été discutées ce lundi dans le bureau du juge de l'application des peines de Montpellier, dont la décision est attendue à l'automne. Selon son avocat, le juge pourra décider d'une détention à domicile sous surveillance électronique, ou prononcer une "libération conditionnelle parentale", Mohamed Haouas étant père de deux jeunes enfants et soutien de famille.
Le joueur avait déjà été condamné en février 2022 à 18 mois de prison avec sursis, pour des cambriolages de bureaux de tabac remontant à 2014. Le 12 mai, lors d'un second procès pour sa participation à une violente bagarre le en janvier 2014, le parquet avait requis une peine de deux ans avec sursis. Le délibéré dans cette affaire est attendu au 30 juin.
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