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Photographie. Guillaume Blot capte le charme suranné des bistros français
Humanite -
26/06
Rades, Hoëbeke, 168 pages, 28 euros. Des cigarettes qui se décomposent dans une bouteille de Perrier, les clés qui grattent frénétiquement un Cash, un cadre à la gloire de Zidane inchangé depuis 98, et des femmes et des hommes au milieu de ce petit théâtre : le pilier de bar aux cheveux grisonnants, le postier prenant son pastis, les étudiants fauchés... Tel est le folklore, pouvant paraître d’un autre temps, que donne à voir l’artiste Guillaume Blot dans son nouvel ouvrage sobrement intitulé Rades. Pendant quatre ans, le jeune photographe est parti à la rencontre des patrons et habitués de ces “bistros vivants”, qu’il immortalise avec tendresse et sans artifice, s’amusant parfois des clichés habituels, mais sans jamais tomber dans la moquerie. Au-delà des scènes de vie chaleureuses, Guillaume Blot expose aussi des réalités sociales : celles d’une France périphérique perdant peu à peu ses lieux de socialisation. Car le nombre de ces troquets a chuté de 200 000 dans les années 1960 à seulement 40 000 aujourd’hui. Le photographe choisit alors de montrer “le rideau à moitié levé de ces établissements hauts en couleur”, plutôt que le vide laissé par des “espaces en voie de disparition”.
Rades, Hoëbeke, 168 pages, 28 euros.
Des cigarettes qui se décomposent dans une bouteille de Perrier, les clés qui grattent ... [Courte citation de 8% de l'article original]
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