Sous-marin Titan : ce que l'on sait sur l'implosion qui a causé la mort des cinq passagers

LCI - 23/06
[VIDÉO] - Les cinq passagers du submersible porté disparu dimanche auraient péri dans l'implosion de l'appareil. Des débris appartenant à la coque ont été découverts jeudi en fin de journée par les équipes de recherche.

Les cinq passagers du submersible porté disparu dimanche auraient péri dans l'implosion de l'appareil.
Des débris appartenant à la coque ont été découverts jeudi en fin de journée par les équipes de recherche.

Tout s’est passé en une fraction de milliseconde, avant même que quiconque à bord n’aient eu l’occasion de se rendre compte qu’il y avait un problème. Le "champ de débris" retrouvé jeudi en fin de journée par les robots de recherche près de l'épave du Titanic "est compatible avec une implosion" du submersible, ont indiqué les garde-côtes américains, confirmant ainsi la mort des cinq passagers et mettant fin aux opérations de sauvetage. La découverte des débris, à environ 480 mètres de la proue du Titanic, a permis de "reconstituer l'intégralité de la coque du Titan". Une "perte catastrophique" de la chambre de pression, probablement liée à une défaillance au niveau de la coque, en serait à l'origine, selon les premiers éléments. 

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Dès lors qu'un objet creux - en l'occurrence ici un sous-marin - est soumis à une pression externe supérieure à sa résistance mécanique, il s’effondre sur lui-même, un peu comme lorsqu’on écrase une canette vide dans sa main. "C’est le contraire de l’explosion, où les rejets vont vers l’extérieur. L’engin a littéralement été écrasé par la différence de pression", explique, dans la vidéo en tête de cet article, le vice-amiral Michel Olhagaray, ancien commandant de l’école navale. Le petit submersible est donné comme pouvant atteindre 4.000 mètres, selon la fiche technique d'OceanGate, c'est-à-dire résister à une pression de 400 bars - l'équivalent d'une force de 380 kg s'exerçant par centimètre carré.

Une pression "qui ne pardonne pas grand-chose" en cas de défaillance, expliquait plus tôt dans la semaine Stefan Williams, expert en robotisation sous-marine à l'Université de Sydney, cité par l'AFP. Or, depuis le début des recherches, les critiques se multiplient. à l'encontre d'OceanGate, la compagnie américaine qui exploite l'appareil de tourisme marin. Des documents judiciaires mettant en cause la sécurité de l’appareil ont été dévoilées cette semaine. Une plainte au civil aux États-Unis montre qu'un ex-dirigeant, David Lochridge, avait été licencié après avoir émis de sérieux doutes sur la sûreté du submersible. Selon lui, le hublot à l'avant aurait été conçu pour résister à la pression subie à 1300 m de profondeur et non à 4000 m. 

Les champs de débris peuvent permettre de dire à peu près à quelle profondeur s’est produit l'accident.

Le vice-amiral Michel Olhagaray, ancien commandant de l’école navale.

Les membres du groupe Marine Technology Society, qui rassemble des spécialistes des technologies marines, avaient eux aussi fait part de leur "inquiétude unanime" à propos du Titan, dans une lettre envoyée en mars 2018 au fondateur d'Oceangate, Stockton Rushn (qui était l'un des cinq passagers du sous-marin), a rapporté le New York Times. Ils disaient craindre que "l'approche expérimentale" d'OceanGate n'ait "des conséquences négatives (allant de mineures à catastrophiques) qui auraient de graves répercussions sur tous les acteurs du secteur". Des avertissements dont l'entreprise américaine n'a pas tenu compte mais qui pourraient expliquer la cause de l'accident. 

Le petit sous-marin touristique, à bord duquel se trouvaient cinq passagers, avait plongé dimanche et devait refaire surface sept heures plus tard mais le contact ...
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