Pendant quatre jours, les secours ont tenté d'arrache-pied de sauver l'équipage, en vain. Les cinq passagers du submersible perdu depuis dimanche dans l'Atlantique nord, près de l'épave du Titanic, sont morts dans l'"implosion catastrophique" de ce petit sous-marin de tourisme scientifique, ont annoncé jeudi les garde-côtes américains et l'organisateur de l'expédition. Parmi eux notamment, le Français Paul-Henri Nargeolet, spécialiste de l'épave. Selon la presse américaine, la catastrophe serait en fait survenue dès dimanche, peu de temps après que la trace de l'appareil baptisé Titan a été perdue.
Un "champ de débris" retrouvé près de l'épave du Titanic, qui se situe à environ 4000 mètres sous les mers, "est compatible avec une implosion catastrophique" du submersible, ont indiqué jeudi les garde-côtes américains, confirmant ainsi le décès des passagers et mettant fin aux recherches. Un système de l'US Navy a détecté dès dimanche un signal indiquant la probable implosion du submersible ensuite recherché pendant quatre jours par une armada de sauveteurs dans l'Atlantique Nord, ont affirmé jeudi soir le Wall Street Journal et CNN.
Selon une source anonyme au sein de l'US Navy, un instrument "top secret" dédié à détecter et surveiller les sous-marins a enregistré un signal acoustique suspecté de correspondre à l'implosion du Titan quelques heures après que ce submersible fut porté disparu dimanche près de l'épave du Titanic. Le contact avec l'appareil avait été perdu environ 1h45 après le début de sa plongée. "L'US Navy a analysé les données acoustiques et détecté une anomalie pouvant correspondre à une implosion ou une explosion dans la zone où le Titan opérait quand les communications ont été perdues", a déclaré un responsable au Wall Street Journal, soulignant toutefois qu'il n'est pas encore possible d'affirmer avec certitude que ce son provenait du Titan.
Même si ces informations n'étaient pas "définitives", la marine américaine les a immédiatement relayées aux responsables orchestrant les recherches, a précisé une source à CNN, ajoutant que ces éléments avaient permis de circonscrire la zone de fouilles. Ces recherches, qui ont mobilisé de nombreux avions, navires et robots spécialisés de plusieurs pays, dont la France, ont été poursuivies pour tenter de sauver l'équipage. D'après le Wall Street Journal, les États-Unis n'ont pas rendu leur découverte publique, voulant s'assurer que les opérations de sauvetage allaient se poursuivre et n'étant de toute façon pas sûrs que "l'anomalie" détectée relevait bien d'une implosion.
Quant aux "bruits" de "cognements repérés mardi par des équipes de recherches, qui avaient ravivé l'espoir, il s'agirait en fait probablement de bruits naturels de la vie sous-marine ou de son émis par d'autres navires et embarcations prenant part à la fouille, a indiqué un haut responsable de la marine américaine à CNN.
Interrogé jeudi soir sur LCI, le spécialiste de recherches archéologiques subaquatiques, Michel L'Hour, avait estimé que cette implosion ne s'était sûrement pas déroulée "dans les tout premiers moments" de la descente du submersible. "C'est une implosion, elle est sûrement due à une surpression, la coque n'a pas résisté. Les éléments étaient concentrés, on peut imaginer que cela se soit produit assez bas, (...) ils n'étaient pas très loin du fond", a avancé cet ami de Paul-Henri Nargeolet.
Selon des experts, il pourrait être particulièrement compliqué d'identifier la cause de cette implosion et de remonter le cours de l'accident. "La violence de l'implosion signifie qu'il pourrait être très difficile de déterminer le déroulé des événements", a notamment expliqué à l'AFP Roderick Smith, professeur d'ingénierie à l'Imperial College de Londres.
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