La jeunesse radicale (et oubliée) de Wilfrid Laurier

Félix Ouellet - Le Devoir - 23/06
L’ancien premier ministre va jusqu’à envisager une indépendance du Bas-Canada.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

Le 22 février 1919, un cortège de plus de 100 000 personnes mène WilfridLaurier à son dernier repos. Nombreux étaient ceux qui avaient une raison de pleurer la disparition du premier premier ministre francophone du Canada. Défini comme un homme du compromis, le politicien libéral avait habilement réussi à faire oublier le radicalisme de ses premiers engagements en politique active. Pour preuve, qui se souvient aujourd’hui de l’opposition du jeune politicien à la confédération ?

Wilfrid Laurier est né le 20 novembre 1841 dans le village de Saint-Lin, qui dépassait alors les 2000 habitants. Son père et son grand-père étaient des adhérents au Parti patriote de Louis-Joseph Papineau, que Wilfrid Laurier évoquera abondamment dans sa jeunesse. Son père, Carolus, a été le premier maire de la municipalité de Saint-Lin.

Les membres du clan Laurier fustigent aussi l’Union des deux Canada, survenue en 1840, un an avant la naissance de Wilfrid. C’est ce milieu familial, ouvert et lettré, qui aura représenté un terreau politique fertile pour que des convictions libérales se forment dans l’esprit politique ...
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