Sécheresse : les récentes pluies vont-elles suffire ?

LCI - 19/06
[VIDÉO] - La pluie arrose la France depuis maintenant un mois. Des précipitations bienvenues pour certaines régions, jusque-là en crise. Pour autant, ces précipitations ne suffisent toujours pas à réalimenter toutes les nappes phréatiques du territoire.

La pluie arrose la France depuis maintenant un mois.
Des précipitations bienvenues pour certaines régions, jusque-là en crise.
Pour autant, ces précipitations ne suffisent toujours pas à réalimenter toutes les nappes phréatiques du territoire.

La France va-t-elle échapper à la sécheresse ? Depuis maintenant un mois, les alertes orages se multiplient partout sur le territoire, entrainant des chutes d'eau conséquentes dans certaines régions, jusqu'à rattraper les déficits de pluie observés en début d'année. 

Après une période sans précipitation record cet hiver, le cumul de pluie est à ce jour, depuis le début de l'année, de 362,1 millimètres, se rapprochant par conséquent de la médiane de cumul de pluie, calculée entre 1997 et 2022, et située à 366,33 millimètres. "Aujourd'hui, à l'échelle de la France, la pluviométrie est dans les normales pour le mois de juin", confirme auprès de TF1info le climatologue de Météo-France, Simon Mittelberger.

Une sécheresse des sols réduite dans le sud de la France

Les averses ont donc eu un impact sur la sécheresse des sols, notamment dans le sud de la France, qui enregistrent des cumuls de précipitations importants. "Dans le sud-est et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, on est à deux fois la normale", remarque même le climatologue. Par conséquent, les sols se sont très largement humidifiés. Ainsi, en mai, la région PACA connaissait une situation record de sécheresse. Un mois plus tard, les sols sont finalement plus humides qu'ils devraient l'être à cette période de l'année.

Si bien que certaines préfectures se sont permis de lever partiellement des mesures de restrictions d'usage de l'eau. "Grâce aux apports pluviométriques significatifs tombés depuis la mi-mai, on observe une évolution globalement favorable de la situation hydrologique sur plusieurs bassins, en particulier sur le débit des cours d'eau et l'humidité des sols", a ainsi justifié la préfecture du Vaucluse dans un communiqué. 

De même dans les Bouches-du-Rhône ou dans le Gard, "concerné par des précipitations relativement importantes ces derniers jours, notamment le week-end des 10 et 11 juin" notait la préfète, qui a par conséquent décidé "d'abaisser les contraintes de tous les secteurs qui avaient été maintenus en alerte renforcée ou en crise". Météo-France note par ailleurs que les reliefs alpins ont également bénéficié de ces fortes précipitations, tout comme une grande partie de l'intérieur des terres, qui sont humides. "Nous n'observons plus de sécheresse des sols", note auprès de l'AFP Sylvain Galliau, météorologiste conseil à Météo-France pour le Sud-Est.

Une situation contrastée ailleurs en France

La situation n'est néanmoins pas la même partout en France. Sur le littoral et la vallée du Rhône, la sécheresse reste de mise avec en particulier le littoral de l'Hérault ou la Camargue où "on a des valeurs d'humidité des sols très basses, proches des records", ajoute Sylvain Galliau. De même, dans la moitié nord du pays, les précipitations se révèlent très faibles, au point que la sécheresse des sols s'est, dans ces régions, accentuée.

"Dans la région Grand est, on est passé d'une situation plus humide que la normale au niveau des sols, au mois de mai, à une situation, aujourd'hui très sèche", continue Simon Mittelberger, estimant que le déficit de pluie dans cette région était proche des 75%. Par ailleurs, selon le site Propluvia qui recense les restrictions en vigueur en France, 44 départements sont toujours touchés par des mesures pour limiter la consommation d'eau, et 15 sont toujours en état de "crise".

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Surtout, la situation en profondeur, correspondant à la sécheresse hydrique, ne s'améliore pas. Début juin, le BRGM, le Bureau de recherches géologiques et minières, chargé de surveiller le niveau des nappes phréatiques, notait que les deux tiers des réserves restaient sous les normales, avec de nombreux secteurs affichant des niveaux bas à très bas. "Les pluies ne s'infiltrent pas en quelques jours, mais elles répondent à des besoins de surface", a observé auprès de TF1info le Bureau. 

Si les précipitations permettent aux sols de s'humidifier et à la végétation de se régénérer, une grande partie de l'eau de pluie s'évapore tout de suite, du fait des fortes chaleurs, si bien que très peu s'infiltrera jus...
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