"Météorologique", "agricole", "hydrologique" : comment se définit la sécheresse ?

LCI - 19/06
[VIDÉO] - La sécheresse peut être météorologique, agricole ou hydrologique. Celles-ci peuvent se combiner et s’influencer entre elles, avec des conséquences multiples. Explications.

La sécheresse peut être météorologique, agricole ou hydrologique.
Celles-ci peuvent se combiner et s’influencer entre elles, avec des conséquences multiples.
Explications.

Si la sécheresse se traduit généralement par un manque d’eau sur une période prolongée, dans les faits, il existe en réalité trois types de sécheresse. Ces dernières peuvent se combiner et surtout s’influencer entre elles, avec des conséquences multiples sur les activités humaines. 

Tout comme l'an dernier, une partie de l’Europe est touchée par la sécheresse. Selon les données satellitaires du programme Copernicus, 32,7% de l’Europe, notamment la péninsule ibérique et les bords de la Baltique, étaient dès le 20 mai déclarés en "situation de sécheresse". Et, il en existe différents types. Explications ci-dessous.

La sécheresse météorologique

C'est celle dont on parle le plus communément. Elle se caractérise par un déficit de précipitations, sur une période de plusieurs mois. "Depuis août 2021, tous les mois sont déficitaires en pluie, à l’exception des mois de décembre 2021, juin 2022 et septembre 2022. Cette situation se traduit par un asséchement des sols, sans retour à la normale depuis la sécheresse de l’été 2022", souligne Météo-France sur son site internet.

Lorsqu'elle intervient en automne et en hiver, celle-ci peut avoir une incidence sur le rechargement des nappes phréatiques, ainsi que sur le niveau des cours d'eau ou sur l'humidité des sols. En France métropolitaine, les précipitations apportent en moyenne 512 milliards de m3 d’eau par an, dont les deux tiers s'évaporent. Les 200 milliards de m3 restant alimentent les eaux de surface et souterraines.

La sécheresse des sols

Aussi appelé sécheresse agricole, celle-ci se caractérise par un "manque d'eau disponible dans le sol pour les plantes, ce qui impacte toute la production végétale, et indirectement la production animale", selon l'Institut de recherche français pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). Elle se traduit par un déficit hydrique en surface et sur un à deux mètres de profondeur. La sécheresse des sols résulte à la fois d'un manque de précipitations, mais aussi d'autres facteurs.

 

Des températures élevées peuvent favoriser, par exemple, l'évaporation (passage de l'eau des sols de l'état liquide à l'état gazeux, notamment sous l'effet de la chaleur) ou l'évapotranspiration (qui comprend, en plus, la transpiration des plantes, ndlr). Ce type sécheresse dépend également de l'état des sols (réserve d'eau utile, capacité d'absorption, porosité). Elle impacte directement l'activité agricole et ses besoins en irrigation.

Ses épisodes les plus marquants en France ont eu lieu en 1976, en 1989, en 2003 et plus récemment en 2020 et en 2022.

La sécheresse hydrologique

Celle-ci correspond à un déficit d'eau dans les cours d'eau (rivières, lacs ...), les nappes phréatiques ou les barrages. Elle provient, elle aussi, de la combinaison de faibles précipitations et de températures élevées auxquelles peuvent s'ajouter d'autres facteurs, comme une mauvaise santé des sols (la sécheresse agricole y contribue donc) ou des interventions d'origine humaine (trop de prélèvements).

Elle impacte directement la ressource en eau, notamment pour la consommation humaine, mais aussi l'irrigation des cultures ou l'industrie. "La ressource en eau renouvelable, c’est-à-dire l’eau fournie par les précipitations qui ne retournent pas à l’atmosphère et celle des cours d’eau, a baissé de 14 % en France métropolitaine, en moyenne annuelle, entre les périodes 1990-2001 et 2002-2018", indique Météo-France sur son site internet. 

L'impact du réchauffement sur le cycle de l'eau

Sous l'effet du changement climatique, la hausse des températures dépasse déjà +1,7 °C depuis 1900 en France métropolitaine et pourra encore augmenter de +1 °C à +1,5 °C d'ici à 2050. Le cumul annuel moyen des précipitations à l'échelle de la France est stable depuis 1960. Cependant, les contrastes saisonniers et géographiques devraient s’accentuer dans les prochaines décennies, avec en particulier une tendance à la diminution des précipitations en été qui va s’ajouter à l’accroissement de l’évaporation.

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De ce fait, "le manteau neigeux sera moins important en montagne et sa fonte plus précoce. Les pluies extrêmes, dont la hausse est déjà mesurée dans certaines régions, vont devenir plus intenses (jusqu’à +20 %)", explique Météo-France. L’assèchement des sols va s’intensifier (ju...
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