La vidéo de démonstration du nouveau casque Vision Pro AR/VR d'Apple diffusée le 5 juin commence, sans surprise, avec un utilisateur qui se voit proposer un menu d'applications qui nous sont familières: Safari, Photos, Messages. Mais il apparaît rapidement que le casque n'est pas seulement présenté comme un appareil dédié à l'informatique personnelle. «Un des fondements de l'Apple Vision Pro» explique la démo, «est qu'il ne vous isole pas des autres.» Il est frappant de voir à quelle fréquence les images et le langage de la vidéo promotionnelle s'attachent à mettre en exergue les interactions sociales. À plusieurs reprises, la présentation du Vision Pro montre l'utilisateur du casque avoir des interactions informelles avec des amis souriants ou avec ses enfants, comme si le fait de porter un équipement de plongée high-tech dans la vie quotidienne n'avait absolument rien de saugrenu.
J'ai beau être fan d'Apple, la réalité sociale parfaitement manucurée telle qu'elle est présentée ici me laisse sceptique. Je suis optimiste pour tout ce qui a trait à l'utilisation de casque pour des usages spécifiques, comme la création de reportages numériques, des innovations pédagogiques ou pour jouer en solo. Mais mon scepticisme concernant la capacité d'Apple à créer, comme il le promet, «une nouvelle et profonde manière d'être ensemble», vient de mon expérience avec un appareil similaire (mais bien moins high-tech): les Google Glass, que mes étudiants de l'Université Lehigh ont expérimentées il y a presque dix ans. Ils ont rapidement découvert les inconvénients de ces appareils: leur...
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