Donald Trump a (encore) rendez-vous avec la justice. Déjà empêtré dans plusieurs affaires, l'ex-président se retrouve mardi devant un tribunal pour, selon la presse américaine, le dossier le plus dangereux : sa gestion de documents classifiés, notamment concernant les armes nucléaires, qu'il avait emporté à l'issue de sa présidence.
Retour en arrière, plus exactement en janvier 2021. Délesté de ses habits de chef d'État, Donald Trump retrouve ses quartiers à Mar-a-Lago en Floride. Dans ses valises : des dizaines de cartons, remplis de dossiers. D'après l'acte d'accusation, ils étaient restés empilés sur la scène d'une "salle de bal", avant d'être transportés dans un "débarras" accessible de la piscine, où certains documents marqués de la mention "secret défense" avaient été vus étalés sur le sol.
En janvier 2022, après plusieurs relances, le milliardaire avait accepté de restituer des boîtes contenant près de 200 documents classifiés. Las, convaincus qu'il en manquait, des agents du FBI décident de perquisitionner la demeure. Le 8 août, une trentaine d'autres boîtes sont saisies avec pas moins de 11.000 documents.
Problème : aux États-Unis, une loi oblige les présidents à transmettre tous leurs emails, lettres et autres documents de travail aux Archives nationales. Une autre, sur l'espionnage, interdit de conserver des secrets d'État dans des lieux non autorisés et non sécurisés. Sur cette base légale, l'ancien président fait ainsi face à 37 chefs d'inculpation, dont "rétention illégale d'informations portant sur la sécurité nationale", "entrave à la justice" et "faux témoignage". C'est aussi la première fois qu'un ancien président américain est inculpé au niveau fédéral.
Le magnat de l'immobilier, lui, devrait plaider non coupable ce mardi, ayant toujours qualifié ce dossier de "chasse aux sorcières" visant à entraver sa nouvelle candidature à la présidentielle. Il a accusé d'ingérence son successeur Joe Biden, à qui il pourrait être opposé en 2024, "et sa bande de voyous". Peu importe l'issue de son audition, Donald Trump a donné rendez-vous à ses fidèles dans le New Jersey dans la soirée, pour une allocution prévue à 20h15 (0h15 mercredi heure de Paris).
Auparavant, le milliardaire aura été interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à conserver ces archives. L'acte d'accusation semble, pour l'heure, démontrer qu'il considérait les documents comme lui appartenant personnellement, en tant qu'ancien président. Pour Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump devenu critique, l'ex-magnat de l'immobilier voyait les documents comme monnaie d'échange politique et commerciale. "Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il est persuadé que ça pouvait lui apporter un quelconque profit", a-t-il expliqué au micro de MSNBC.
Son goût pour les souvenirs pourrait aussi apporter un élément d'explication. Et pour cause, les documents classifiés ont été retrouvés dans des boîtes contenant également des photos, des coupures de presse, des vêtements et même des balles de golf - soutenant l'idée selon laquelle tout cela a été empaqueté dans l'agitation de ses derniers jours à la Maison Blanche, en janvier 2021. Il y avait aussi des dossiers estampillés "classifié" mais vides, qualifiés de "souvenirs sympas" par Donald Trump.
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