«Bonne épouse» et «fée du logis»: l'enseignement ménager aux filles, une histoire pas si lointaine

Samia Hanachi - Slate FR - 07/06
Jusque dans les années 1980 en France, des cours d'enseignement ménager étaient dispensés.

«Quand on n'était pas très douée, on faisait ce genre de choses. –Pourquoi tu dis que tu n'étais pas douée? – Mais parce que… J'étais pas douée. Et puis j'aimais pas l'école.»

Éclairée par le soleil méridional de fin de journée, Jacqueline trône sur sa chaise en plastique, bras croisés, visage fermé. Elle n'est pas très bavarde sur son expérience des cours ménagers dans un établissement privé catholique à Cahors (Lot). Elle en garde de mauvais souvenirs. «Il y avait une sœur qui était peau de vache et elle m'avait dans le collimateur, elle me saquait un peu», se souvient-elle.

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À demi-mot, sans le nommer ainsi, elle raconte le mépris social vécu par les écolières qui n'ont pas poursuivi leurs études au-delà du primaire. Venant généralement de familles modestes, de la ville ou de la campagne, elles sont nombreuses à avoir atterri dans des cours ménagers, tandis que les jeunes filles bourgeoises investissaient peu à peu le secondaire et l'université.

Née en 1940 à Cahors, Jacqueline est une adolescente des années 1950, âge d'or de la société de consommation. La mode est aux concours de la «fée du logis», aux salons des arts ménagers et aux revues du même nom. Les publicités de l'époque mettent en scène de charmantes idiotes, cheveux ourlés, robe rétro et bouche en «O», que le lavage des carreaux et la préparation du rôti semblent enchanter.

«Tout ce d...
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