À six mois des élections générales, dont la présidentielle en République démocratique du Congo, le 20 décembre prochain, le climat préélectoral semble se durcir après les manifestations de l'opposition fin mai et surtout la répression et les arrestations qui ont suivi. Au-delà de cette actualité de politique interne, le pays est également à un tournant sur le plan sécuritaire, où les conflits à l'est cristallisent les tensions avec le voisin rwandais, à l'endroit duquel les autorités congolaises n'ont pas de mots assez durs et attendent surtout de voir des sanctions prises si d'autres lignes rouges venaient à être franchies. Une sacrée épine dans le pied du président… français, Emmanuel Macron, qui s'est fortement engagé sur ce dossier, au nom de la communauté internationale, alors que la France a ces dernières années renforcé ses liens avec le Rwanda du président Paul Kagame.
En tant que ministre de la Communication et des Médias, et porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya est sur tous les fronts, de presque tous les déplacements du chef de l'État, dernièrement à Pékin où il a été question de rééquilibrer la coopération avec la Chine, très présente en RDC dans les mines. Cet ancien journaliste a fort à faire pour éclairer l'opinion nationale et internationale sur le climat sociopolitique que vit le géant d'Afrique centrale. De passage à Paris, il s'est confié au Point Afrique.
Le Point Afrique : Le président Tshisekedi était en visite d'État en Chine, où il était très attendu sur l'épineux dossier du « contrat du siècle ». Concrètement, qu'est-ce qui a été négocié ?
Patrick Muyaya Katembwe : Je tiens d'abord à préciser que la visite d'État en Chine du président Tshisekedi n'avait pas pour objectif la renégociation des contrats chinois. Tout simplement parce que les gouvernements congolais et chinois n'ont jamais directement signé ledit contrat. Il faut faire une distinction entre ce qui se joue au niveau des États et ce qui concerne la joint-venture entre le groupement d'entreprises chinoises et le gouvernement congolais, qui était, en effet, basé...
[Courte citation de 8% de l'article original]