La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative (atteinte cérébrale progressive conduisant à la mort neuronale) caractérisée par une perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions intellectuelles (cognitives) conduisant à des répercussions dans les activités de la vie quotidienne.
La maladie d’Alzheimer est plus fréquente chez les personnes âgées. Le risque de développer ce genre de troubles augmente de manière exponentielle entre 65 et 85 ans. Après cet âge, l’augmentation est moins bien documentée, il est difficile de poser un diagnostic précis dans cette tranche d’âge. D’après les dernières estimations, 1,2 million de personnes pourraient être touchées par l’Alzheimer ou une maladie apparente en France. Sur ce chiffre, environ 750 000 personnes sont diagnostiquées. Après 65 ans, cette maladie a plus tendance à se développer chez les femmes que chez les hommes.
L’édition 2021 de l'Alzheimer's Association International Conference® (AAIC®), à Denver (États-Unis) a permis de mettre en lumière le développement de la démence dans le monde. D’ici à 2050, les scientifiques estiment que 150 millions de personnes pourraient être concernées, soit trois fois plus qu’aujourd’hui.
Cette estimation provient de données de santé collectées à travers le monde, de 1999 à 2019. Les chercheurs de l’université de Washington ont observé que la croissance de la population, mais aussi son vieillissement, seraient susceptibles de faire passer de 57,4 millions (en 2019) à 152,8 millions le nombre de personnes concernées par Alzheimer en 2050.
Autre découverte inquiétante : la maladie tue de plus en plus (+38 % de mortalité entre 1990 et 2019) et les patients sont de plus en plus jeunes - en dessous de 65 ans, pour 350 000 malades chaque année.
Les femmes sont plus susceptibles de développer la maladie d'Alzeheimer, et cela n’est pas uniquement dû au fait qu’elles vivent plus longtemps que les hommes. Des chercheurs de la faculté de médecine de Weill Cornell (USA) avancent que cette prévalence est liée aux changements hormonaux qui surviennent lors de la ménopause. La chute du taux des œstrogènes entraîne, selon eux, des modifications du cerveau, favorisant l’apparition de la maladie.
Ils ont suivi 85 femmes et 36 hommes n’ayant pas de déficience cognitive, dont la moyenne d'âge était de 52 ans. Ils ont subi plusieurs examens cérébraux afin d’évaluer plusieurs biomarqueurs de la maladie (les volumes de matière grise et blanche dans le cerveau, les niveaux de plaques amyloïdes bêta et la vitesse à laquelle le cerveau métabolise le glucose).
Les participantes ont obtenu de moins bons résultats dans ces quatre mesures. En moyenne, elles avaient 30% de plaques bêta-amyloïdes en plus, une métabolisation du glucose inférieure de 22% et moins de matière grise et blanche.
"Nos résultats suggèrent que les femmes d'âge moyen peuvent être plus à risque de contracter la maladie, peut-être en raison de niveaux plus faibles d'hormones œstrogène pendant et après la ménopause", a expliqué le Dr Lisa Mosconi, auteure principale de la recherche parue dans la revue médicale Neurology le 24 juin 2020
Certains cas d'Alzheimer précoce ont été diagnostiqués chez des personnes âgées de 30 ans. Toutefois, les cas de maladie chez les moins de 45 ans restent rares. L'Alzheimer précoce touche les moins de 60 ans.
Cette liste décrit les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer. En fonction des stades de la maladie, d’autres symptômes peuvent apparaître, ainsi que d’autres troubles cognitifs :
Si maladie d'Alzheimer rime souvent avec perte de mémoire, c'est loin d'être le seul symptôme d'alerte. Un nouveau rapport publié le 15 mars par l'Alzheimer's Association (rapport 2022 Alzheimer's Disease Facts and Figures) démontre que d'autres symptômes vont apparaître encore plus précocement, mais vont être suffisamment légers pour passer inaperçus. Ces derniers vont être confondus avec des manifestations "normales" qui surviennent en vieillissant. Pourtant, environ un tiers des personnes qui les développent finissent par déclarer la maladie d'Alzheimer dans les 5 ans, selon l'étude.
Attention si vous avez tendance à boire plus d'alcool en vieillissant. Selon des chercheurs américains, une consommation importante pourrait en effet être un signe annonciateur de démence, surtout après 40 ans. C'est ce que révèle une nouvelle étude publiée par le Journal of Alzheimer's Disease qui précise que si une personne se met à boire davantage d’alcool lorsqu’elle est plus âgée, cela pourrait être un signal précurseur de la maladie.
Les chercheurs américains ont constaté que 2,2 % des patients étaient confrontés à ce que l’on appelle, un abus d’alcool tardif. Boire trop d'alcool après un certain âge pourrait être dangereux en matière de démence après l’âge de 40 ans. Pourtant, seulement 1,7 % des personnes âgées ont tendance à faire face à ce type de problèmes d’alcool. “Ce que nous avons découvert, c'est que l'abus d'alcool peut être le premier signe d'un trouble neurologique sous-jacent lorsqu'il se manifeste tard dans la vie”, explique Georges Naasan, auteur principal de l'étude.
Des résultats qui pourraient conduire à une amélioration du diagnostic et de la prise en charge. “S'il est important d'identifier les facteurs sociaux susceptibles de conduire à l'abus d'alcool, tels que la retraite, la solitude ou la perte de revenus, de proches ou de logement, nos données devraient inciter les professionnels de la santé à ne pas attribuer systématiquement l'abus d'alcool à ces aspects”, conclut le chercheur.
D'après une étude publiée en juin 2022 dans le Journal of Alzheimer's Disease, donner son argent facilement peut être un signe de la maladie d'Alzheimer, dans ses premiers stades. Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de l’université de Californie du sud ont confronté 67 personnes âgées ne souffrant pas de démence à des situations ou on leur demandait de donner de l'argent à une personne anonyme. Elles avaient le choix d'accepter, ou de le garder pour elles-mêmes. En parallèles, ils leur ont fait passer une série de tests cognitifs.
Résultat : celles qui ont déboursé le plus présentaient de moins bons résultats aux évaluations cognitives. "On pense que la difficulté à gérer son argent est l'un des premiers signes de la maladie d'Alzheimer, et cette découverte appuie notre hypothèse", souligne le Pr Duke Han, auteur principal de l'étude.
Les animaux touchés par un syndrome de dysfonctionnement cognitif canin, que l'on peut comparer à la maladie d’Alzheimer, auraient certains symptômes similaires à l’Homme. C’est en tout cas ce que démontre une étude américaine, publiée le 28 avril 2023, dans la revue Frontiers in Veterinary.
En effet, les chercheurs ont comparé les symptômes de la maladie d’Alzheimer chez l’humain avec ceux du dysfonctionnement cognitif canin qui existe chez les chiens. Pour rappel, selon la SPA (Société Protectrice des Animaux), les canins peuvent être touchés par ce trouble dès l’âge de 8 ans. On l’appelle aussi la démence du chien.
Alzheimer et le déclin cognitif canin partagent des similitudes en termes de pathogènes, notamment l’accumulation de plaques beta-amyloïdes dans l’encéphale. Ces protéines ont été retrouvées dans le cerveau des chiens à l’identique de ceux des humains. Les conséquences sur le cerveau sont aussi les mêmes : une atrophie corticale et de l’hippocampe. Reste à déterminer si les facteurs précoces de déclenchement de la maladie sont aussi les mêmes chez l’Homme que chez le chien.
Pour mener à bien leur recherche, les scientifiques ont suivi 28 chiens, des mâles, des femelles, certains de race et d’autres croisés. Ils avaient entre 10,4 et 16,2 ans. On a demandé aux propriétaires de ces animaux d’évaluer la gravité des symptômes du dysfonctionnement cognitif canin chez leur chien.
Ces symptômes sont principalement la désorientation, des troubles du comportement social ainsi que des problèmes d’hygiène. Au total, huit chiens, soit 28,5% d’entre eux, étaient considérés comme étant normaux et donc comme n’étant pas touchées par un dysfonctionnement cognitif canin. 8 d’entre eux en avaient un léger, 4 un modéré et 8 un sévère.
Des tests de polysomnographie, un examen médical qui vise à enregistrer le sommeil, la ventilation et les mouvements corporels la nuit, ont ensuite été réalisés sur ces animaux. Résultats : les chiens qui avaient les déclins cognitifs les plus importants étaient aussi ceux qui mettaient le plus de temps à s’endormir. Leurs ondes cérébrales indiquaient aussi que leur sommeil était moins profond et de moins bonne qualité.
Les scientifiques observent deux types de lésions dans le cerveau des malades d'Alzheimer :
Illustration : protéines Tau agrégat d’enchevêtrements neurofibrillaires
© Istock
On explique en partie la maladie par la "cascade amyloïde" : elle suppose que les différents facteurs de risques – âge, génétique, environnement –s'additionnent et génère la formation de plaques amyloïdes.
Ces dernières entraînent une accumulation anormale de protéines Tau responsables de la dégénérescence et de la mort des neurones.
Ces phénomènes sont observables plusieurs années avant l’apparition de symptômes :
Cette hypothèse, cependant ne suffit pas à expliquer la maladie. Des travaux génétiques pointent aujourd'hui du doigt d’autres mécanismes ou fonctions potentiellement responsables : métabolismes lipidiques et glucidiques, immunité…
On sait également que des chercheurs ont identifié les régions du cerveau endommagées par l’hypertension artérielle et qui pourraient contribuer au déclin cognitif et au développement de la démence. Leur étude a été publiée dans la revue European Heart Journal le 27 mars 2023. Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont analysé les données de milliers de patients.
“En utilisant une combinaison d’imageries, de recherche génétique et d’approches observationnelles, nous avons identifié les zones spécifiques du cerveau affectées par des augmentations de pression artérielle, dont les zones qu’on appelle le putamen et des régions spécifiques de substance blanche”, a réagi l’auteur principal de l’étude, le professeur de médecine cardiovasculaire Tomasz Guzik.
Selon une étude internationale publiée le 29 avril, les chercheurs ont identifié quatre sous-types distincts de la maladie d'Alzheimer. Des résultats qui pourraient conduire à des traitements plus individualisés pour les personnes atteintes du trouble neurodégénératif.
Pour rappel, les causes de la maladie sont l’accumulation de plaques amyloïdes et de protéine Tau dans le cerveau, qui causent respectivement des lésions cérébrales et une obstruction des neurones. Or, cette nouvelle étude internationale publiée dans la revue Nature Medicine a démontré que l a propagation de la maladie se fait en réalité de quatre manières distinctes. vient de démontrer que la protéine Tau se propage selon plusieurs schémas différents. Grâce à la technologie d’imagerie médicale TEP (tomographie par émission de positons), les chercheurs ont, en effet, surveillé comment s'accumulait la protéine chez les 1143 participants à l'expérience et ont identifié quatre sous-types de propagation de la maladie.
Ils ont ainsi découvert que différentes régions du cerveau étaient touchées dans ces sous-types de la maladie. "La prévalence des sous-groupes variait entre 18 et 30%, ce qui signifie que toutes ces variantes de la maladie d'Alzheimer sont en réalité assez courantes et qu'aucune ne domine comme nous le pensions auparavant", explique Oskar Hansson, professeur de neurologie à l'université de Lund, qui a supervisé l'étude.
"Parce que différentes régions du cerveau sont affectées différemment dans les quatre sous-types de la maladie d'Alzheimer, les patients développent des symptômes et des pronostics différents. Ces connaissances sont importantes pour les médecins qui évaluent les patients atteints de la maladie d'Alzheimer et nous amènent également à nous demander si les quatre sous-types pourraient répondre différemment à différents traitements", conclut Oskar Hansson.
Plus de la moitié des personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer souffrent de démence légère. C'est la conclusion quelque peu rassurante d'une étude menée par des cherche...
[Courte citation de 8% de l'article original]