Fermetures de services, engorgement des urgences… L’hôpital public semble connaître une crise sans fin. Les mesures prises comme la revalorisation des salaires dans le cadre du Ségur de la santé en 2020 ne parviennent pas à stopper la dégradation d’une situation qui inquiète de plus en plus les personnels et leurs représentants syndicaux.
Syndicats de personnels, élus locaux… de nombreux acteurs s’inquiètent d’un possible effondrement de l’hôpital public. Partagez-vous cette crainte ?
Stéphanie Rist Députée Renaissance et rapporteure de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale
Stéphanie Rist La crise du Covid a démontré la capacité de résilience de notre système de santé et de l’hôpital public. Cette solidité et cette capacité d’adaptation sont avant tout possibles grâce aux professionnels de santé. Je tiens ici à rappeler mon engagement plein et entier aux professionnels qui chaque jour se lèvent pour la santé de nos concitoyens. Pour autant, la pandémie a révélé des fractures profondes, de grandes difficultés de recrutement ou plus largement des difficultés d’organisation. Notre système a été très éprouvé par la crise mais il était déjà affaibli. C’est un bilan qui s’est creusé d’année en année, et que nous avons tenté de pallier au mieux ces six dernières années : nous avons donné des moyens et capacités aux acteurs. Certaines mesures prises, comme la suppression du numerus clausus, prendront du temps avant que les effets se ressentent. Aussi nous n’avons pas attendu et avons engagé d’autres mesures, comme l’augmentation du nombre d’infirmières, la mise en place des assistants médicaux ou encore l’accès direct à certaines professions de santé. C’est dans cette approche que j’ai rédigé deux propositions de loi. La seconde, votée le 10 mai, porte la volonté de redon...
[Courte citation de 8% de l'article original]