Quand les troubles du comportement alimentaire s'invitent dans le couple

Laure Dasinieres - Slate FR - 23/05
Clandestines ou reconnues, des maladies comme l'anorexie, la boulimie ou l'hyperphagie peuvent devenir un troisième membre importun.

«Il lui arrive encore de me demander où est passé le paquet de gâteaux qui était sur la table une heure avant ou de me reprocher d'avoir mangé la mousse au chocolat qui lui était réservée. Au bout de quinze ans de vie commune, mon mari agit et réagit encore parfois comme s'il ne savait pas.» Depuis l'adolescence, Lucie, 35 ans, souffre d'hyperphagie, c'est-à-dire qu'elle est sujette à des crises où elle éprouve un besoin irrépressible de consommer une grande quantité de nourriture en un temps court «quitte à [s'en] rendre malade». Aucun plaisir gustatif là-dedans, mais l'urgence de se remplir pour s'apaiser. Vécues comme honteuses, ces crises se font généralement en cachette. Elles sont associées à une image de soi dégradée, à une culpabilité et à des troubles anxieux.

Aujourd'hui en France, on estime que près de 900.000 personnes sont concernées par les troubles des conduites alimentaires, aussi appelés «troubles du comportement alimentaire» (TCA). Contrairement aux idées reçues, il ne s'agit pas uniquement d'adolescent·es mais aussi d'adultes, avec des formes plus ou moins chroniques. Même si les TCA affectent régulièrement le fonctionnement relationnel, affectif et sexuel des personnes, ils sont heureusement loin pour autant de les empêcher d'avoir une vie amoureuse et conjugale. Comment la maladie, débordante et envahissante, se conjugue-t-elle à deux?

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter quotidienne de Slate.fr et ne ratez plus aucun article!

Je m'abonne

En parler ou non?

La première question qui se pose pour la personne malade dès qu'elle engage une relation amoureuse est celle de parler ou non de ses troubles. «Lorsqu'une personne a un IMC extrêmement ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...