Que l’accouchement de la souris fut difficile ! Bon, comme d’habitude, quelques heures après la COP, on va faire semblant de croire que l’humanité est sauvée, puis chacun retournera chez-soi sans rien modifier de substantiel dans ses façons de faire semblant d’agir. Décryptons synthétiquement les éléments du communiqué final. Le Président de la COP 28, Sultan Al-Jaber, PDG du groupe pétrolier Abu Dhabi National Oil Company, a qualifié dans le communiqué final d'"historique" la décision "d’accélérer l’action climatique". Oui mais voilà, est-il possible d’accélérer quelque chose qui n’a pas vraiment démarré ?
Hors année Covid, la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère n’a cessé d’augmenter, et même de plus en plus vite depuis que les COP existent ! Rappelons-nous la dernière COP "historique" qui s’est tenue à Paris en 2015 et la déception qui a suivi. En effet, depuis cette fameuse COP21, l’humanité n’a jamais produit et consommé de pétrole, gaz et charbon, quel succès ! Pire, les engagements volontaires des États (Global Stocktake), qui devaient contribuer à limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C, sont nettement insuffisants et vont conduire à un réchauffement moyen a minima de + 3°C à 2100. Bref, la certitude d’un chaos climatique certain accompagné d’un collapse économique et humain dans les années à venir, dans la plupart des régions du monde.
Alors oui, le texte fait mention pour la première fois d’une volonté de "transition hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques". Mais pas question de parler de "sortie complète" de ces mêmes énergies fossiles. Ce qu’il faut comprendre de cette bataille sémantique, c’est qu’il n’est pas question d’arrêter de produire des énergies fossiles, mais plutôt d’espérer une "accélération des technologies à émissions nulles ou faibles (dont le nucléaire), et celles relatives à la réduction et l’élimination, telles que le captage et le stockage de carbone et l’hydrogène bas carbone". En d’autres termes, on continue de vouloir soigner le cancer avec du Doliprane.
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Rappelons que nous devons être neutres en carbone dans 26 ans. Feindre de croire que ces "merveilles technologiques" vont nous sauver est une pure fiction. Et ce pour trois raisons. Premièrement, les ressources minérales pour réussir cette transition sont insuffisantes. Deuxièmement, le temps de déploiement à l’échelle requise dans le temps qu’il nous reste pour agir est incompatible avec la capacité d’investissement des États, tous plus ou moins déjà surendettés. Troisièmement, les compétences requises ne sont pas disponibles, notamment avec l’ambition de multiplier par trois le parc nucléaire mondiale d'ici à 2050.
Bref, il va falloir encore attendre l’échec annoncé de la COP29, l’an prochain en Azerbaïdjan, pour peut-être enfin voir dans le communiqué final un ultime accord utopique, qui permettrait de sauver l’économie et le climat en même temps : "décider démocratiquement dans un esprit de justice sociale de réduire la production et la consommation du non essentiel, pour alléger l’empreinte écologique, afin de faire émerger une société du bien-être pour une prospérité partagée au service des communs".
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